Masturbation et sexualité




MASTURBATION


Pourquoi aborder ces sujets sur un blog SCOUT ??? Parce que les scouts sont des garçons comme les autres… Et oui.
D'après les dernières études publiées, un garçon sur deux découvre la masturbation avant d'avoir 13 ans; et presque tous le font avant d'en avoir 14. Il est donc parfaitement normal d'évoquer ce sujet aussi avec les scouts.

(page mise à jour le 12 juin 2012)

PLAN:

1 - Comment réagir lorsque le sujet apparaît en patrouille ?

2 - Que penser de la masturbation
a- Quelques informations
b- Qu'est-ce que la sexualité
c- Alors, la masturbation ? Pour ou contre ?
. Sexualité
. Plaisir

3 - Questions et fausses idées

4 - Compléments (autres sujets / sexualité)
. Le flirt
. Les relations sexuelles avec les filles
. Les jeux sexuels entre garçons
. L'homosexualité
. La sodomie
. La pornographie
. La sexualité avec une grande différence d'âge
. Le sexe par internet


1 - Comment réagir lorsque certains garçons lancent le sujet sous la tente, voire commentent leurs activités intimes ?

Mon avis est le suivant:

Le CP, le chef, ne doit pas fuir la conversation. Au contraire, il doit pouvoir poser une parole claire, sûre, argumentée. Sans juger les personnes.

Cela suppose s'être préparé, par exemple en lisant ces lignes.

Je pense que le plus sage est que le CP indique à ses garçons concernés qu'ils doivent respecter la tranquillité de toute la patrouille, et garder pour eux ce qui est de l'ordre de l'intime. Il n'est pas l'heure d'entamer une discussion plus sérieuse (à prévoir à un autre moment).

Le CP - et le Chef de Troupe, plus encore - doit avoir les idées assez claires sur le sujet pour ne pas être trop gêné et pouvoir réagir de manière adéquate. Il y va de sa crédibilité et son autorité.

Remettre gentiment et fermement des jeunes à leur juste place ne suffit pas. Le chef doit pouvoir discuter, et donc savoir pourquoi il dit telle ou telle chose. L'autoritarisme n'est pas éducation. Le chef doit allier fermeté et explications.

Je sais aussi que certains groupes de garçons aiment s'amuser en partageant des moments de masturbation collective, ou d'autres jeux sexuels. Il ne me paraît pas adapté de les laisser faire, car le camp scout n'est pas le lieu pour ça.
Maintenant, si ça se produit, il n'y a pas non plus à dramatiser. En effet, ce serait le signe qu'on ne sait pas aborder la question correctement, qu'on n'est pas "prêt" (dur, pour un chef scout!).

Notre rôle d'éducateur est d'encourager les jeunes à ne pas se laisser déborder par leurs pulsions, et de les aider à les exprimer de manière plus élaborée, maîtrisée, orientée vers le service, l'ouverture aux autres, etc.
Si le rythme du camp est bien monté, et l'esprit bien orienté, il ne doit pas y avoir de difficulté à gérer ce point.


Nous devons aussi les inciter au respect de soi, à accueillir leur corps et l'éveil de leur sexualité avec bienveillance, sans honte ni haine de soi. A se construire avec équilibre. Dire qu'il est classique de se masturber à leur âge est une chose, les laisser le faire de manière désordonnée en est une autre.
(l'ordre qu'on donne à ces domaines dépend de l'anthropologie qui sous tend notre action, ainsi qu'à notre projet d'éducation. Qu'est-ce que l'homme? Qu'est-ce que la sexualité? Quel est le sens de la vie? La référence à la Loi Scoute peut déjà apporter un élément de réponse)


2 - Alors, que penser de la masturbation?

a - Tout d'abord quelques informations:

Extraits de Wikipedia:

Dans les sociétés occidentales, des enquêtes par questionnaires ou par entretiens permettent d’obtenir des informations sur la pratique de la masturbation chez les adolescents … L’analyse des réponses des adolescents de 12 à 17 ans aux questionnaires régulièrement soumis aux jeunes membres des sites Internet pour ados, dont certains forums traitent de la sexualité, fournit une image de la vie sexuelle des garçons, et particulièrement de la masturbation.

On y apprend ainsi que…
- l’âge médian de la première masturbation est de 12 ans ;
- c’est à 13-14 ans que les garçons se masturbent le plus ;
- plus de la moitié des garçons qui ont commencé à se masturber ont découvert seuls le «mécanisme», souvent par hasard ;
- qu’à 13 ans, un garçon sur cinq a déjà participé à des séances de masturbations collectives, avec un ou plusieurs copains, tandis qu’un tiers des ados de 13-15 ans souhaiterait tenter l’expérience.

Ces pratiques collectives semblent être avant tout une façon pour les adolescents de comparer leur pénis et de partager leurs techniques de masturbation. La masturbation est parfois l’objet d’une initiation en groupe (…) ces mêmes observations, qui portent sur plusieurs dizaines de milliers d’adolescents, la plupart du temps originaires d’Amérique du Nord, du Royaume-Uni et d’Australie, montrent que c’est à 13 et 14 ans que le rythme de masturbation des garçons est le plus élevé (entre 12 et 14 fois par semaine) ; ce rythme diminue pour la tranche d’âge 15-16 ans (en moyenne 9 fois) et diminue vraisemblablement après. Il est plus que vraisemblable que les résultats obtenus auprès des jeunes Français, Belges ou Suisses seraient similaires à ceux obtenus auprès des Anglo-Saxons.



Mes commentaires:

Pour savoir que penser de la masturbation, on doit dépasser les questions physiologiques, et la simple description de comportements.
Pour tout ce qui concerne l'anatomie, et les questions physiologiques diverses et variées, il existe divers ouvrages ou sites internet.
Par exemple:
"Le zizi, questions et réponses" de Sylvie Sargueil-Chouery et Rif


S'il est important d'être renseigné correctement dans ce domaine, il est clair que l'être humain n'est pas qu'un corps, et qu'il faut apporter des éléments de réflexions. Ces ouvrages, comme celui ci-dessus, sont très matérialistes. Ils véhiculent cependant une idéologie très primaire, voire animale (le titre est déjà évocateur).

D'autres livres viennent heureusement très bien compléter l'approche simplement physiologique, comme:
"Comment c'est la puberté ? : Dialogue avec les 10-13 ans" de Henri Joyeux

"Comment c'est la sexualité ? : Sentiments, sexualité, sida, drogues - Réponses à 65 questions des 13-15 ans" de Henri Joyeux

Certains sites internet peuvent aussi être consultés:
http://passamour.org/



b - Qu'est-ce que la sexualité ?

Parler de masturbation invite à évoquer la question plus large de la sexualité, et plus spécifiquement celle du plaisir: "A quoi ça sert, et comment bien s'en servir".


Sexualité:

Le sens de la vie humaine, c'est d'être aimé et d'aimer.
La sexualité (dans une relation stable et durable) est un moyen, parmi d'autres, de vivre cela.

La sexualité a deux dimensions principales: dire l'amour et transmettre la vie.

La masturbation n'est pas orientée dans ce sens, c'est facile à percevoir.


La pulsion sexuelle est juste une pulsion, puissante certes, mais une pulsion.
Elle n'est pas un besoin ni un instinct: en effet, l'individu ne meurt pas s'il la maîtrise et la canalise. Il ne meurt pas, même s'il n'exprime pas du tout cette pulsion dans le registre où elle se manifeste. Elle peut donc être réorientée, et sublimée.
C'est au niveau de l'espèce qu'elle est un instinct et un besoin nécessaire: sans sexualité, pas de reproduction. Et donc mort de l'espèce.

Le mot sexualité vient du latin "secare", qui signifie "séparer". Il induit les notions de différences, de complémentarité.
Cette "séparation" fonde depuis toujours la structure de l'humanité. Par la complémentarité, la différence sexuelle permet l'échange et ouvre à la fécondité.
Prétendre effacer cette différence (théorie du Gender, etc) est une offensive de nature totalitaire d'une sous-culture intrusive.

A noter aussi que le désir sexuel ne dépend pas uniquement des hormones. Il est aussi sous l'influence d'événements contingents tels que la fatigue, le stress, les soucis de santé, de travail, d'éducation. Et aussi des sollicitations extérieures comme les images érotiques, etc.

Plaisir:

Ce que l'on éprouve quand on a mené une action correctement à son terme. 
Le plaisir peut être intellectuel, sentimental, sensible, etc. Il vient souligner une réussite. 
Il est donc une dimension, pas un but en soi.



c - Alors, la masturbation?

Au moment de la puberté, le corps se transforme et devient capable d'éprouver le plaisir sexuel dans sa maturité.
Le garçon peut se donner ce plaisir en se masturbant. La masturbation est l'expression spontanée de la sexualité à l'adolescence.

Pour:

Notre société occidentale matérialiste a publié de nombreux ouvrages qui recensent des arguments dont certains peuvent être tirés par les cheveux. L'objectif plus ou moins affirmé est de décréter qu'il faut se masturber.

Droit au plaisir, découverte de son corps,  entraînement avant de vraies relations sexuelles (la masturbation étant le contraire de la relation, il y a comme une contradiction), etc. En bref: "Il n'y a pas de mal à se faire du bien" … mais est-ce vraiment se faire du bien?


* * *

Contre:

"A consommer avec modération"
et même
"A éviter tant que possible"

Si le plaisir est une dimension et pas un but, il faut s'interroger sur le but de la masturbation. Que recherche celui qui se masturbe, à travers ce câlin sexuel? A quel besoin profond correspond cette stratégie qui ne remplit finalement pas sa fonction?

Il convient de replacer ce geste dans le contexte de la vie sexuelle. La masturbation ne répond ni à l'objectif de dire l'amour, ni à ce lui de transmettre la vie.
Mettre le plaisir comme finalité à ses actes, risque d'entraîner à la dépendance, et à l'égoïsme.


On peut dire que si la masturbation est classique, répandue, elle n'est pas "normale". Tout comme la grippe en hiver.

Je remarque aussi que, vers 17 ans (certains bien avant), de nombreux garçons demandent de l'aide pour ne plus être dépendants de la masturbation. Plus jeunes, ils se sont laissés prendre sans apprendre à la maîtriser, et lorsqu'ils souhaitent "en sortir", quelques années plus tard, il n'y parviennent pas. Le jeu est devenu un piège.


Je souhaite aussi commenter la dernière information sur le rythme indiqué dans cet article de Wikipedia (12 à 14 fois par semaine, à 13-14 ans).

Il me semble que l'on doit inviter les garçons qui seraient concernés à se masturber moins souvent. Le risque de virer à l'activité compulsive n'est pas loin, cela conduit à une insatisfaction croissante, contraire à ce qui est recherché.

Je recommande aussi d'éviter les provocations pornographiques. Toute sollicitation extérieure réduit la liberté, et donc la capacité à maîtriser sa vie.

Lorsqu'on se laisse dépasser par sa pulsion, il faut parfois de l'aide pour reprendre la maîtrise de soi (les conseils d'un adulte, d'un "conseiller").
Il ne faut pas avoir peur de demander, vouloir progresser est positif. Un adulte sain ne pourra que reconnaître votre courage à aborder ces sujets.

De l'aide aussi pour entraîner sa volonté; non à lutter de front (c'est l'échec assuré), mais à savoir orienter son activité vers d'autres intérêts.


Le mieux est toutefois de s'en passer autant que possible, dès que possible.
Orientez vos intérêts et votre énergie vers l'extérieur: activité de groupe, service à rendre autour de vous, jeux avec des amis, création artistique, etc. Il y a mille façons d'exprimer son énergie de manière plus créative qu'une branlette même "réussie".

Même à 13-14 ans, il est possible d'avoir une vie épanouie et équilibrée, aussi sur le plan sexuel. Il est possible d'être le maître de son navire.




3 - Quelques questions et remarques:


Est-ce que c'est obligé de le faire?

Non. Il y a des garçons qui ne se masturbent pas. Ils sont en parfaite santé. Se faire un câlin sexuel n'est pas du tout obligatoire. Il ne faut jamais se forcer dans ce domaine.


Pourquoi c'est gênant d'en parler avec d'autres?

Parce que c'est intime et que, si on a un peu de pudeur, on n'étale pas sa vie intime. De même qu'on ne parle pas à tout le monde des choses importantes à ses yeux, de ses sentiments profonds, etc. Ce qui est personnel doit rester personnel. Si on n'a pas de vie intime et personnelle, on n'a pas vraiment de personnalité.

Cependant, c'est assez courant d'en parler entre bons amis du même âge. En général, c'est pour en rigoler… il est donc préférable d'éviter ce genre d'échange superficiel qui ne construit rien.


De même, il est fréquent - environ 30% au moment de la puberté - que des garçons partagent des jeux sexuels entre bons copains (cf plus bas).


Pourquoi, après m'être masturbé, je ressens aussi un peu de honte ou de tristesse ou d'insatisfaction?


C'est assez fréquent. En fait, la sexualité a deux dimensions principales: dire l'amour et transmettre la vie (c'est quand même des spermatozoïdes qu'on éjacule!). Le plaisir est une dimension. Quand il devient un but, et bien il prend une place qui n'est pas la sienne naturellement. Quand on se masturbe, le plaisir prend la place des buts principaux. C'est normal alors de ressentir une certaine insatisfaction parce que les buts principaux (qui sont vraiment épanouissants quand ils sont réunis) ne sont pas atteints.


Quels sont les dangers de la masturbation?

Physiques: aucun. Sauf si on utilise des objets pas adaptés.

Psychologiques: il y a des risques si le garçon ne maîtrise pas sa pratique. Si le plaisir solitaire passe avant la vie passée en groupe, en famille, à rendre service, à faire le travail de classe, il finit pas s'enfermer dans un égoïsme. C'est le signe que le garçon ne sait pas situer sa sexualité à une juste place. A terme, il y a le risque que, lors des relations sexuelles futures, le garçon pense uniquement à son propre plaisir, oubliant qu'il est avec une autre personne qu'il a le désir d'aimer. Chercher son propre plaisir peut devenir un réflexe aliénant. L'égoïsme tue l'amour.


Quelques fausses idées sur la masturbation.

On lit parfois des idioties à ce sujet. Exemples:

- "il faut se masturber pour vider ses bourses"
ou au contraire:
- "la masturbation est un gaspillage de sa semence"

Il faut tout de même savoir que les testicules fabriquent des spermatozoïdes chaque jour. Tous les jours, ceux qui sont arrivés à maturité sont évacués naturellement par l'organisme, dans les urines. On en déduit donc:
1. Il n'est pas utile de se masturber. La nature fait bien les choses.
2. Il n'y a pas de gaspillage par la masturbation. Le corps élimine de toutes façons quotidiennement les spermatozoïdes matures.

- "la masturbation affaiblit l'organisme"
Selon ces auteurs, l'énergie pour se masturber serait équivalente à la dépense faite par le corps pour 30 minutes de sport. Faire du sport n'a jamais tué personne, si c'est avec modération. (lol)
La masturbation ne présente pas de nocivité si elle est pratiquée avec modération, et qu'on finit par être capable de s'en passer au plus tôt… car…

- "la masturbation rend sourd"
Cela fait longtemps que la question n'est plus à l'ordre du jour, sur le plan physiologique du moins. En effet, on peut considérer qu'à trop s'occuper de soi et de son plaisir, on devient sourd aux besoins d'autrui. La vie a sûrement plus de sens et d'intensité lorsqu'elle est passée à rencontrer et aider d'autres personnes, qu'à se palucher même si on le fait bien.




4 - COMPLEMENTS

Le flirt
Si l'autre est une personne, digne de respect, alors on ne peut pas jouer avec. Ni avec son cœur, ni avec son corps. Se connaître et se découvrir n'implique pas faire semblant de jouer à l'amour. On peut être ami sans se draguer. L'autre n'est pas une proie à mettre sur son tableau de chasse.

Parfois on peut croire qu'on aime, mais est-ce sûr? Si on le dit trop tôt, on risque de se blesser quand on va casser, après avoir été plus ou moins loin.


Les relations sexuelles avec les filles
Qui dit relation sexuelle, suppose amour. Et qui dit amour sous-entend fidélité, durée, engagement. Une fille est une personne, pas un objet à plaisir. Pour quelque chose d'aussi important, on n'essaye pas l'autre comme un produit. Il faut des années de préparation affective pour pouvoir dire "je t'aime", et devenir capable d'assumer un acte aussi important. "Je vous conseille d'attendre d'aimer vraiment une fille pour avoir cette relation avec elle". L'amour et la relation sexuelle ne sont pas un jeu.

Les jeux sexuels entre garçons
Ils sont assez fréquents: comparaison de pénis en érection, distance obtenue à l'éjaculation, masturbations en groupe. Et aussi échanges d'attouchements une fois sous la tente. Même si ce n'est pas de l'homosexualité, il vaut mieux les éviter car ils détournent la sexualité de son sens.
De plus ces gestes peuvent conduire à des actes plus marqués "homosexuels".

Il existe aussi parfois des "traditions" dans les patrouilles, rites d'initiation, rites d'intégration.


En ce qui me concerne, je ne suis pas favorable à ces séances collectives (ce qui est intime doit le rester), ni à celles d'initiation. Je pense que chacun doit faire ses découvertes par soi-même, à son propre rythme. (Et toutes les découvertes ne sont pas forcément profitables, d'ailleurs).

Je pense également que la différence d'âge et de maturité entre les grands et les plus jeunes peut poser des problèmes quant à la liberté de ces derniers.


L'homosexualité
Impasse sur le plan affectif. L'homme et la femme sont complémentaires. L'homosexualité empêche l'ouverture à la différence qui est constitutive de la vocation de la sexualité humaine.

Celui qui a une tendance n'est pas obligé de passer à l'acte.
Croire qu'on peut être heureux en répondant à cette tendance est une illusion. On ne peut accéder au bonheur en vivant en contradiction avec ce qui est la vocation humaine.

Parfois il suffit d'un acte, fait sans trop réfléchir, pour basculer.
il peut ensuite être très difficile d'en sortir.

Il existe même des programmes qui aident à maîtriser sa tendance, et à réorienter une tendance qui n'est pas naturelle.


http://www.oserenparler.com/?page_id=37


La sodomie
Pratique contre nature. L'anus est la poubelle de l'organisme, il est empli de microbes. Le pénis est fait pour le vagin. L'homme pour la femme.


La pornographie
Totalement déconseillée. Elle dégrade l'amour humain. Elle ne montre que l'aspect "viande" de la sexualité, oubliant la tendresse, l'affection, l'amour. Elle dérive vite à la violence. En général, c'est la femme qui est humiliée, devenant un objet purement utilitaire. Ce n'est pas un bon moyen d'apprendre ce qu'est la sexualité.

La pornographie peut marquer la mémoire de manière très forte et durable.
Certains peuvent aussi devenir dépendants, comme pour une drogue. Il existe des démarches pour en sortir.


DEPENDANCE PORNOGRAPHIE Sexolisme Addiction sexe Cybersexe
 

On trouve parfois une distinction entre porno "hard" et porno "soft" (appelé aussi "érotisme"). Le propos est spécieux, il s'agit toujours de pornographie.



La sexualité avec une grande différence d'âge
Déconseillée aussi, surtout quand on n'est pas encore adulte. La différence de maturité conduit à une inégalité dans la relation. Le plus jeune va être, parfois sans s'en rendre compte, soumis au plus âgé qui peut le manipuler et l'inciter à des comportements inadéquats. La liberté n'est pas possible car l'emprise affective sera trop forte. Il n'y aura pas vrai respect de l'autre. La relation sexuelle n'est épanouissante que lorsqu'il y a amour, réciprocité. Qui dit amour suppose une capacité à donner et à recevoir, équivalente, chez les deux personnes.


Le sexe par internet
En plus des éléments ci-dessus, une précision: avec le développement d'internet, certains jeunes se mettent en scène via la webcam. Je mets fortement en garde chacun que j'invite à refuser toute séance de ce genre. Le corps et l'intimité sont personnels et n'ont pas à être exhibés.
Vous ne pouvez pas réellement savoir qui est de l'autre côté.
Toute image peut aussi être capturée et répandue. Les imprudents se retrouveront donc exposés à tous vents.
Certaines images peuvent "ressortir" des années plus tard.


13 commentaires:

  1. Moi aussi j'trouve ça cool :)

    Bryan, 4è des Loups

    RépondreSupprimer
  2. Merci, c'était très intéressant. Je vais le faire suivre à mes patrouillards.

    Rémi, CP des Aigles à Paris

    RépondreSupprimer
  3. intéressant. ya des trucs, j'suis ok, d'autres moins. mé c bien d'en discuté

    Gérald

    RépondreSupprimer
  4. Je publie ici un commentaire reçu, dont j'ai retiré le nom et l'adresse mail du correspondant.

    Bonsoir Rémi,
    grâce à votre article sur "l'hygiène intime, masturbation" et grâce au petit exposé de cet autre psy-sexologue trouvé comme vous sur Google,
    j'ai pu, en quelques minutes, sortir de décennies de désarroi concernant ma masturbation juvénile.
    Je vous en suis grandement reconnaissant !
    Encore : Félicitations.

    RépondreSupprimer
  5. J'ai été scout durant 5ans. Hè bien je n'ai jamais eu la moindre occasion de masturbation entre copains... Alors que j'aurais bien voulu! Bravo pour l'intelligence de cet article qui remet bien les idées en place et qui me déculpabilise 20 ans après de mes pulsions tout en étant fier de la maîtrise que j'ai acquis du plaisir.

    Philippe

    RépondreSupprimer
  6. Message reçu dernièrement, commençant par:

    "Article très bizarre mais intéressant"

    Je n'ai rien compris à la suite, ou presque.
    Et l'adresse mail indiquée pour réponse est fausse.

    RépondreSupprimer
  7. Certain m'a posté des insultes… Et n'a même pas pris le temps de lire correctement ce qui est écrit ici. Il aurait lu que nous condamnons certaines pratiques, nous en avons parfaitement le droit. Cela ne veut pas dire que nous jugeons les personnes qui valent infiniment plus que les pratiques qu'ils choisissent, même les plus abjectes.

    RépondreSupprimer
  8. Commentaire anonyme reçu aujourd'hui:
    "Vos commentaires sur l'homosexualité sont simplement inacceptables. Parler de "réorienter les gens vers le droit chemin" relève d'une homophobie profonde, qui est celle de l'église catholique mais est totalement éloignée des valeurs d'ouverture du scoutisme"

    Dommage que l'interlocuteur n'ait pas le cran d'indiquer son mail.

    Il n'a pas lu correctement les lignes ci-dessus… sinon il n'aurait pas écrit une citation fausse.
    De plus, il mélange tout, et écrit n'importe quoi.

    L'homophobie (si cela existe… vu le sens qu'on donne à ce mot, à côté de la vérité étymologique) consiste à ne pas écouter la souffrance des personnes vivant quelque chose de l'homosexualité, et à les condamner à rester enfermées dans ces tendances.
    L'aide apportée à des homosexuels pour sortir de cette perversion, qui la vivent comme telle d'ailleurs, n'est pas l'apanage des catholiques, loin de là.

    Le scoutisme, et ses "valeurs d'ouverture". Concept creux facile à manier pour tenter de dénigrer.
    Etre ouvert n'empêche pas rechercher la vérité. Et ça ne veut pas dire accepter toutes sortes de comportement.

    RépondreSupprimer
  9. Merci pour cette page.
    Voici ma manière de présenter les choses. Je reproduis en gros un échange que j’ai eu il y a peu de temps.

    — Dis… Chef… Je peux te poser une question?
    — Tout ce que tu veux, mon grand.
    — Je voudrais savoir quoi penser de la masturbation.
    — Question sérieuse. Je te félicite d’avoir le courage de la poser. Je vais te répondre, dis-moi seulement ce que tu en penses, toi, pour le moment.
    — Ben… je ne sais pas, en fait. Tu sais, je ne l’ai jamais fait. Grégory, au WE de troupe, quand on épluchait les carottes, il en a mis une devant sa braguette et l’a secouée un peu, et m’a fait un clin d’oeil en disant: « c’est cool, hein? »
    — Et tu as répondu quoi?
    — Rien… je crois que je lui ai fait un petit sourire un peu débile…
    — Et… ça ne t’a pas donné envie d’en savoir plus, pour essayer ensuite ?
    — Je… je ne sais pas trop si c’est bien. Et comme on devait se voir aujourd’hui, pour préparer ma promesse, je me suis dit que j’allais te demander.
    — Tu as bientôt 13 ans, tu grandis, ta puberté a débuté. Et tu perçois que ton corps peut éprouver des sensations nouvelles très agréables, n’est-ce pas?
    — Oui…
    — Si tu ne t’es encore jamais vraiment masturbé, t’es-tu déjà caressé?
    — Ben…
    — Donc oui. As-tu l’impression de faire quelque chose de mal, quand tu te caresses?
    — Je ne sais pas…
    — Quant tu te baignes, lorsqu’il fait chaud, c’est agréable, n’est-ce pas?
    — Oui.
    — Et quand tu as soif, tu bois un jus de fruit frais. Agréable aussi?
    — Oui.
    — Je pourrais allonger la liste. La vie est aussi faite de choses agréables, heureusement. C’est ce qui nous tend vers la suite, nous donne envie de vivre. Le plaisir est une bonne chose. Aussi le plaisir intime; c’est lui qui participe au fait que des hommes et des femmes s’unissent, créent des familles, ont des enfants. Ce qui peut être embêtant, c’est comment on peut parfois le prendre. Si tu abuses de chocolat, tu seras malade. Si tu passes des heures à te baigner… eh bien, ce que tu dois faire n’avance pas. Si tu t’isoles pour écouter de la bonne musique, au moment de rendre service à la maison, ça pose aussi problème. Et un scout qui quitterait sa patrouille pour se masturber, au moment où les autres comptent sur son aide, ça serait égoïste. Tu comprends?
    — Oui.

    (1/3 - suite juste après)

    RépondreSupprimer
  10. 2/3

    — Le plaisir fait partie de la vie. Concernant le plaisir intime, découvrir ton corps en te caressant est aussi une bonne chose. Les caresses procurent des sensations très agréables, c’est important de se faire du bien. En le faisant, tu ne fais aucun mal à personne, n’est-ce pas?
    — Non…
    — Et si cela te permets de te sentir mieux, c’est bon pour tout le monde. Cela te permet aussi de mieux te connaître; et quand on se connaît, on a une meilleure maîtrise de soi. Je ne peux donc que t’encourager à explorer ton corps aussi de cette manière, et à découvrir tes zones érogènes, là où tu aimes le plus te caresser. Mais ça n’a rien d’obligatoire. Des garçons grandissent très bien sans se masturber.
    — C’est quoi, les zones érogènes?
    — Il n’y a pas que les organes intimes qui peuvent éprouver et donner du plaisir. En fait, presque tout le corps le peut. Quand tu t’étends au soleil après le bain, comme un lézard, c’est agréable, n’est-ce pas?
    — Oui, très.
    — Le soleil caresse un peu partout, le corps se réchauffe, se détend. Cela peut même provoquer une érection, par moments.
    — …
    — N’en sois pas gêné. C’est naturel. Plus encore à votre âge, quand les hormones se mettent en route. Tu as dû l’apprendre en cours de biologie.
    — C’est vrai…
    — Pour en revenir à ton corps, il y a plein de zones qui peuvent donner du plaisir, quand elles sont caressées avec délicatesse. Même la main ou le genou. Un massage des épaules, ça fait du bien, et ça n’est pas sexuel. Quant à ce qu’on appelle zones érogènes, ce sont des endroits du corps qui donnent beaucoup de plaisir, et qui peuvent provoquer du désir. On les découvre souvent plus facilement quand il y a échange de caresses à deux. Il y en a à divers endroits, et c’est important de les connaître. Par exemple, il y a les tétons.
    — Les tétons?
    — Oui. Tu n’as jamais pensé à les caresser?
    — Non.
    — Eh bien, tu essaieras, si tu veux. Très doucement, avec la pointe des doigts. Quant à la façon de se masturber, eh bien ce n’est pas à moi de te l’expliquer. Soit tu le découvriras seul à ton rythme. Soit tu te feras expliquer par un ami, pourquoi pas Grégory?

    RépondreSupprimer
  11. 3/3

    Cela dit, si tu choisis de te masturber, voici quelques conseils, valables aussi quand tu voudras le faire à chaque fois:
    . trouve un moment où tu seras tranquille, où personne ne viendra te déranger.
    . prépare un mouchoir en papier, car tu vas sûrement éjaculer, et c’est plus confortable de l’avoir prévu.
    . choisis un moment où tu vas avoir du temps, tu vas te faire une fête intime, pas une course de vitesse.
    . pense aux préliminaires: comment tu vas éveiller ton corps et ton désir, sans aller tout de suite au mouvement spécifique de la masturbation; tu es un être entier, pas juste un organe séparé du reste.
    . prends ton temps en le faisant, ménage des petites pauses pour te faire des caresses ailleurs, et faire durer ton plaisir. Et observe-toi, apprends à mieux te connaître.
    . fais-le de temps en temps, et pas tous les jours. Par exemple, deux fois par semaine, 20 à 30 minutes. Cela va t’exercer à te contrôler, sans te priver du plaisir. Pour ce contrôle, identifie ce qui te pousse habituellement à te masturber, et évite ces choses autant que possible (regarder des images, avoir des rêves excitants, etc.). Certains garçons se masturbent deux fois par jour, vite… ça fait environ 8 à 10 min. par jour, soit 60 à 70 min. par semaine… Deux séances bien faites, c’est le même temps, et ça te donnera plus de satisfaction.
    . quant au fait de regarder des images séduisantes… choisis des choses soft. Par principe, rejette ce qui est explicite, violent, sale, dégradant, sinon tu vas t’habituer à des pratiques inhumaines. Il existe de belles images simplement érotiques. Fais bien attention à ne pas aller plus loin. Cette prudence te permet aussi de préserver ton imagination. Des images trop crues étouffent l’imagination. C’est pareil avec les textes.
    . il est possible que tu ressentes une forme d’insatisfaction après avoir éjaculé. C’est courant. Certains te diront que c’est à cause d’une morale qui culpabilise, c’est un raisonnement faux. En réalité, la sexualité n’est vraiment épanouissante que si elle est échangée, pour dire « je t’aime », et que si elle est ouverte à la vie (ce que tu éjacules n’est pas du petit lait ou du blanc d’oeuf). La masturbation est généralement vécue en solitaire, et ne conduit évidemment pas à la naissance d’un enfant; d’où une forme de frustration inévitable. C’est pourquoi aussi il est bon de ne pas en abuser.
    A ton âge, la sexualité est vécue en solo, en général; l’adolescence est un temps d’apprentissage. Vous n’êtes pas capables de dire vraiment « je t’aime » encore; et encore moins d’accueillir la vie. Comme dans d’autres domaines, l’apprentissage peut être à la fois motivant, à la fois frustrant. Quelqu’un qui apprend à piloter un avion passe par des heures en simulateur, avant de monter dans un vrai appareil. Pour le sexe, c’est un peu pareil. La phase de masturbation peut être un temps de découverte et d’apprentissage de soi. Mais c’est dans la rencontre, l’échange, l’engagement aussi, que le plaisir peut être vraiment épanouissant. C’est pourquoi l’étape masturbatoire s’estompe en général, quand on grandit. Eviter d’en prendre trop l’habitude favorise la maturité.
    De plus, la dynamique de la vie humaine est de construire quelque chose. Lorsqu’un garçon se masturbe, il ne produit rien, il ne sert rien ni personne d’autre. Passer trop de temps à l’oisiveté, tournée sur soi en plus, c’est frustrant aussi. D’où ce sentiment qui peut survenir après s’être masturbé.
    Parfois, certains garçons se masturbent à plusieurs. Le côté ludique peut estomper la frustration. Cependant, je pense qu’il faut éviter de s’habituer à vivre ainsi ce qui est du domaine de l’intime et qui doit rester intime pour être respecté.

    RépondreSupprimer